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Scénographie de Maman, Hamlet et Monroe : une actrice aux côtés d’une pile de valises anciennes transformées en décors de théâtre, création de Polina Mikhailova et Arseniy Epelbaum.



Scénographie et création visuelle : Polina Mikhailova et Arseniy Epelbaum


Créé le 4 octobre 2026 à Saint-Jean-Cap-Ferrat, Maman, Hamlet et Monroe raconte le destin de Mikhaïl Tchekhov, neveu d’Anton Tchekhov, acteur et metteur en scène russe, devenu l’un des grands pédagogues du théâtre du XXe siècle.

Au milieu des années 1920, son interprétation de Hamlet est interdite par les autorités soviétiques. En 1928, il quitte l’URSS. Commence alors une longue errance, de l’Allemagne à Paris, jusqu’aux États-Unis, où il développera sa méthode de jeu et formera notamment Marilyn Monroe, Ingrid Bergman et Gregory Peck. Son parcours est celui d’un exil difficile, mais aussi d’une extraordinaire renaissance artistique.


Un monde dans une valise


En tant que scénographes et artistes visuels du projet, nous avons imaginé ensemble l’univers visuel du spectacle, conçu l’ensemble des décors et des objets scéniques, puis réalisé chaque élément de nos propres mains.

Pour raconter cette vie faite de départs et de recommencements, nous sommes partis d’une idée : tout commence dans une valise.

Nous avons chiné de véritables valises anciennes, certaines centenaires, avant de les transformer entièrement. Elles s’ouvrent, se déploient et se métamorphosent sous les yeux du public. D’une scène à l’autre, elles deviennent du mobilier, un train, une prison aux ampoules vacillantes ou encore le fauteuil d’Alfred Hitchcock. Des costumes, des accessoires et des espaces entiers surgissent de ces bagages, comme si toute une vie pouvait tenir dans quelques valises.


Quand le pouvoir envahit la scène


L’une des pièces maîtresses de notre scénographie est une immense marionnette-décor gonflable, imaginée comme l’incarnation de la commission soviétique qui a interdit Hamlet.

Peu à peu, la structure se gonfle jusqu’à occuper toute la largeur du plateau. Elle envahit l’espace, engloutit Mikhaïl Tchekhov et le repousse hors de la scène. Le pouvoir devient une présence physique, démesurée, presque grotesque, qui finit par chasser l’acteur de son propre théâtre.

Nous voulions donner à l’exil une forme concrète : faire ressentir dans l’espace et dans le corps ce qui, dans la vie de Tchekhov, a signifié la perte de son pays et de sa place.


Faire apparaître les absents


Au fil du spectacle, Mikhaïl Tchekhov s’adresse aussi à sa mère disparue. Pour ces moments intimes, nous avons imaginé des scènes de théâtre d’ombres où les objets du quotidien deviennent les passeurs de la mémoire.

Un chapeau, un petit bouquet de fleurs : grâce à un travail précis sur les formes et la lumière, ces objets projettent soudain le profil de sa mère. Une silhouette apparaît, fragile et silencieuse, comme si le souvenir pouvait, l’espace d’un instant, redevenir présence.

Avec Maman, Hamlet et Monroe, nous avons voulu créer une scénographie vivante, capable de passer du réel au rêve, de la fantaisie à la mélancolie. Un théâtre où les objets se transforment, où les absents reviennent et où chaque valise contient un monde à reconstruire.

Accueilli avec enthousiasme lors de sa création, le spectacle prépare désormais sa tournée européenne.

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